stage Fassbinder


L’œuvre de Fassbinder (plus de quarante films en moins de quinze ans !) domine le cinéma européen des années 70. Il a été le seul cinéaste allemand de la génération née dans l’immédiate après-guerre à se poser la double question de l’héritage. Que faire de l’héritage historique du nazisme des pères ? Ses films posent avec la plus grande acuité les contradictions de l’Allemagne de l’après-guerre par rapport à son passé proche et obsédant. Quel héritage cinématographique revendiquer ? Fassbinder (1945-1982) est allé jusqu’au bout d’un cinéma sans équivalent, au croisement du théâtre, du cinéma moderne qui a précédé de dix ans sa génération (le Godard des années 60 en particulier) et du grand mélodrame américain baroque à la Douglas Sirk des années 50.
Le Mariage de Maria Braun est un film clé pour comprendre comment la guerre, en Allemagne, a articulé l’émancipation des femmes à un moment clé de l’Histoire et façonné une après-guerre que Fassbinder considérait comme une continuation du nazisme sous d’autres formes. Les quatre films programmés travaillent un sujet obsédant de Fassbinder, celui de la rencontre, via la passion amoureuse, avec un autre milieu, une autre culture, d’autres goûts, avec ses espoirs, ses échecs et ses drames. La fulgurante réflexion en cinéma de Fassbinder se révèle de plus en plus unique et incontournable pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Alain Bergala

Infos Pratiques :
Tarif stagiaires pour le week-end, les 4 films inclus : 36 €
Inscription avant le 27 mars par mail : anne.huet@est-ensemble.fr
Chaque film est accessible au tout public, aux tarifs habituels.

Samedi 30 mars :
14 h : Le droit du plus fort (+ présentation)
16h30 à 18h30 : Travail en groupe
20h15 : Le mariage de Maria Braun (+ présentation et débat)

Dimanche 31 mars
10 h à 11h Travail en groupe
11h : Les larmes amères de Petra Von Kant (présentation).
14h30 : Tous les autres s’appellent Ali (présentation + clôture de stage)

 

Samedi 30 mars à 14h00 : Le droit du plus fort
De Rainer Werner Fassbinder.
Allemagne. 1975. Couleur. VO. 2h04.
Avec Rainer Werner Fassbinder, Peter Chatel, Karl-Heinz Böhm

Franz Biberkopf, jeune forain au chômage, tombe amoureux d’Eugen Thiess, un fils de bonne famille, élégant et raffiné. Avec l’argent gagné par Franz à la loterie, les deux hommes s’installent dans un appartement. Eugen convainc Franz d’investir dans l’entreprise de son père. À travers cette relation homosexuelle, Fassbinder décrit le mécanisme inéluctable de la domination sociale.

Samedi 30 mars à 20h30 : Le mariage de Maria Braun
de Rainer Werner Fassbinder.
Allemagne, 1978, 2h01, couleur
Avec Hanna Schygulla, Klaus Löwitsch, Ivan Desny, Gisela Uhlen

Parti sur le front russe juste après son mariage, Hermann Braun est porté disparu, tandis que sa femme Maria devient entraîneuse dans un bar. Elle y rencontre Bill, un soldat noir…
Ce film, ample, romanesque et prenant, est un hommage au mélodrame hollywoodien.

 

Dimanche 31 mars à 11h00 : Les larmes amères de Petra Von Kant
De Rainer Werner Fassbinder.
Allemagne. 1974. Couleur. VO. 2h04.
Avec Hanna Schygulla, Margit Carstensen, Eva Mattes, Irm Hermann, Katrin Schaake

Une femme de la grande bourgeoisie, créatrice de mode, vit une passion douloureuse avec une jeune femme de condition plus modeste, Karin, qui rêve de devenir mannequin.

Dimanche 31 mars à 14h30 : Tous les autres s’appellent Ali
De Rainer Werner Fassbinder.
Allemagne de l’Ouest. 1974. 1h33. VO.
Avec Brigitte Mira, El Hedi Ben Salem, Barbara Valentin

El Hedi Ben Salem, Brigitte Mira

Dans un café fréquenté par des travailleurs immigrés, Emmi, veuve d’une soixantaine d’années, fait la connaissance d’Ali, un Marocain plus jeune qu’elle. Ali s’installe chez elle dès le lendemain, puis ils se marient. Les enfants d’Emmi, ses voisins, ses collègues, tous sont scandalisés par cette union…