Grâce à dieu

Grâce à dieu
De François Ozon.
Belgique, France. 2019. Couleur. 2h17.
Avec Melvil Poupaud, Denis Ménochet, Swann Arlaud, Josiane Balasko, Frédéric Pierrot

Alexandre vit à Lyon avec sa femme et ses enfants. Un jour, il découvre par hasard que le prêtre qui a abusé de lui aux scouts officie toujours auprès d’enfants. Il se lance alors dans un combat, très vite rejoint par François et Emmanuel, également victimes du prêtre, pour « libérer leur parole » sur ce qu’ils ont subi.
Après les prétoires, les salles obscures. Le procès du cardinal Philippe Barbarin, à peine refermé, c’est au tour de la fiction de prendre le relais afin de mettre en lumière l’affaire qui a conduit à mettre en accusation la hiérarchie catholique.
Centré sur les victimes du père Preynat et leur combat pour « libérer la parole », le film de François Ozon ne révèle d’ailleurs rien que l’on ne sait déjà ou qui n’ait été dit lors des audiences. Le réalisateur retrace les faits avec un souci documentaire, depuis la démarche entreprise par Alexandre Hezez en 2014 auprès du diocèse de Lyon afin d’obtenir la révocation du prêtre, jusqu’à la création avec François Devaux de l’association La parole libérée et leur décision de porter l’affaire sur la place publique. Au départ, le cinéaste cherchait à faire un film sur la fragilité masculine lorsqu’il a croisé cette actualité. Bouleversé par les témoignages des victimes, il s’est rapproché d’elles et de leurs entourages pour en savoir davantage sur leurs blessures intimes. Il pense d’abord en faire une pièce de théâtre, puis un documentaire avant de se tourner vers la fiction. Une forme souhaitée par les intéressés eux-mêmes raconte François Ozon.
Construit autour de trois personnages, le film nous fait vivre la difficulté des victimes à parler, le soulagement mais aussi la violence que provoque cette libération de la parole, notamment dans l’entourage, ainsi que les conflits que cela entraîne avec leur foi lorsqu’ils sont encore croyants.
François Ozon qui n’a pas rencontré les autorités catholiques et a dû tourner les scènes d’église en Belgique et au Luxembourg faute d’autorisation, revendique d’avoir fait un film du point de vue des victimes. « Je n’ai rien inventé concernant les faits proprement dits, explique-t-il. L’important pour moi était de raconter l’intimité d’hommes meurtris dans leur enfance. »

Merc 27 fév. : 14h15/20h15
Jeu 28 : 20h00
Ven 1er mars : 20h45
Sam 02 : 18h00/20h50
Dim 03 : 10h30/18h15
Lun 04 : 14h15/18h30/20h45
Mar 05 : 18h10