Nuestro Tiempo

Nuestro Tiempo
De Carlos Reygadas.
Mexique. 2019. Couleur. VO. 2h53.
Avec Carlos Reygadas, Natalia López

La campagne mexicaine. Une famille élève des taureaux de combat. Esther s’occupe de l’exploitation du ranch, tandis que son mari Juan, un poète de renommée mondiale, élève et sélectionne les bêtes. Quand Esther s’éprend du dompteur de chevaux, Juan semble incapable d’atteindre ses propres attentes envers lui-même. Le dernier film du réalisateur mexicain Carlos Reygadas, sélectionné à la Mostra de Venise cette année.

Le nouveau long métrage de Carlos Reygadas était entouré de mystère : un film de trois heures, au titre sibyllin (qui se traduit ici par notre moment, plutôt que par le pompeux notre époque), interprété par le réalisateur lui-même et son épouse… le tout de la part d’un auteur qui a déjà prouvé par le passé qu’il n’avait franchement pas peur de la grandiloquence. A quoi fallait-il s’attendre ? Disons le résultat tout net : Nuestro tiempo est sidérant. Agaçant à plus d’un titre, d’un culot certain, mais sidérant. Ce qu’il y d’ahurissant avant tout, c’est le décalage gargantuesque – en a-t-on déjà vu aussi grand ? – entre l’ambition titanesque de la mise en scène et la trivialité de l’argument de base. Nuestro tiempo raconte l’histoire banale comme le monde du mari, de sa femme et de son amant, mais nichée dans un emballage cosmique, une mise en scène qui laisse pantois. La caméra est comme dans les airs, dans les éléments-mêmes, collée aux roues d’un avion (séquence inoubliable), mais aussi dans le moindre interstice inattendu comme un moteur de voiture. Et même avec des dispositifs plus terre-à-terre, il n’y a pas une scène de Nuestro tiempo où la mise en scène ne soit pas impressionnante. La nature est immense dans cette campagne mexicaine, ses dimensions semblent légendaires, la moindre flaque de boue où s’ébrouent des enfants ressemble à une gigantesque plage. Le temps se déchaine autour des protagonistes rendus minuscules, perdus.(…)Nuestro Tiempo est un film sur l’égo masculin, lui-même mis en scène avec un certain égo. La grâce et la mégalomanie dans un même film, mais au final, une démarche artistique unique. On en ressort secoué comme rarement. Le Polyester
20 fév. : 20h15
Jeu 21 : 20h00
Ven 22 : 20h40
Sam 23 : 14h00
Dim 24 : 17h40
Mar 26 : 20h15