Leto

Leto
De Kirill Serebrennikov.
2018. Noir&Blanc et Couleur. 2h09. VO.
AvecTeo Yoo, Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Filipp Avdeyev, Nikita Efremov
Festival de Cannes 2018/ Compétition officielle

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s’échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme la belle Natacha rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique.
En France, personne (ou presque) ne le connaît. En Russie, il a été une idole. Il s’appelle Viktor Tsoï. Un eurasien à la gueule d’ange ténébreux, sorte de Bruce Lee anguleux, le cheveu plus sauvage. C’était le chanteur d’un groupe new wave, Kino, dans les années 80, dont le tube, Changements !, a servi d’hymne au moment de la perestroïka. Tsoï est donc une légende, qui appelle le biopic, genre ô combien piégé, porte ouverte au confort. Kirill Serebrennikov (Le Disciple) est trop intelligent pour y céder. (…) Leto nous fait découvrir tout un pan de l’histoire du rock russe, largement ignorée. Et avec elle un formidable courant d’énergie, d’ébullition créatrice, malgré la chape de plomb soviétique. Dès la première image de concert, on est dans l’ambiance : il est interdit au chanteur d’hurler, et le public est sommé de rester assis, sans bouger. Autant dire que les rockers de Leto sont bridés. (…) Non, ce n’est pas l’Angleterre, mais la Russie de Brejnev. Ce qui rend encore plus vitale et précieuse cette passion du rock, vécue en loucedé , sans être non plus clandestine..
(…) Kirill Serebrennikov, toujours assigné à résidence, rappelons-le, s’autorise beaucoup de liberté, dans la conduite du récit et se montre très ludique, visuellement. Il recourt à de l’inscrustation argentée, fait chanter par des gens du peuple Psycho Killer (The Talking Heads), The Passenger (Iggy Pop) ou Perfect Day (Lou Reed). Servi par une mise en scène étourdissante, le film est baroque, généreux, riche en personnages truculents, tourné vers une lumière tout aussi gaie que mélancolique. Télérama

Merc 05 déc. : 14h15/20h15
Jeu 06 : 20h15
Ven 07 : 20h15
Sam 08 : 18h20/20h45
Dim 09 : 14h00/18h30
Lun 10 : 16h00/18h10/20h30
Mar 11 : 18h00/20h30