Le poirier sauvage

Le poirier sauvage
De Nuri Bilge Ceylan.
Allemagne, Bulgarie, France. 2018. Couleur. VO. 3h08.
Avec Doğu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yıldırımlar
Festival de Cannes 2018 / Compétition officielle

Passionné de littérature, Sinan a toujours voulu être écrivain. De retour dans son village natal d’Anatolie, il met toute son énergie à trouver l’argent nécessaire pour être publié, mais les dettes de son père finissent par le rattraper…
Qu’il filme un procureur et un médecin à la recherche d’un cadavre introuvable (Il était une fois en Anatolie), un comédien-hôtelier vaniteux, soudain contesté par sa sœur et sa jeune femme (Winter Sleep) ou, ici, un jeune homme, lentement amené à ressembler à un père qu’il méprise, Nuri Bilge Ceylan peint des fresques. D’une ampleur visuelle presque anachronique en un temps où il faut être bref, où l’esquisse tient lieu de psychologie et où l’imaginaire s’estompe sous la vérité factice des faits divers.
Le cinéaste turc, lui, mise sur la durée (ses détracteurs lui reprochent assez de dépasser à chaque fois les trois heures !). Et c’est cette durée qui lui permet de saisir, comme dans les romans d’apprentissage de jadis, ceux de Tolstoï ou de Stendhal, le destin fluctuant et l’évolution progressive de personnages en butte à eux-mêmes, à la vie qu’ils mènent, à celle que la société leur fait mener. On n’aura pas compté, à Cannes, les films ratés, moyens, très réussis ou carrément formidables. Et puis, il y aura eu Le Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan, un peu au-dessus de tous les autres. Par sa maîtrise, son lyrisme, son audace tranquille (on songe au discours contradictoire des imams zigzaguant sur un chemin escarpé). Voir un cinéaste, au sommet de son art, construire ainsi, de film en film, une œuvre que l’on sait, désormais, importante, donne le frisson.Télérama

Merc 29 août : 20h15
Ven 31 : 20h15
Sam 1er sept : 17h00
Dim 2 : 14h30
Lun 3 : 20h00