Guy

Guy
D’Alex Lutz.
France. 2018. Couleur. 1h41.
Avec Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot, Brigitte Roüan, Dani
Festival de Cannes 208 / Semaine de la critique


Après avoir retrouvé une lettre suggérant qu’il serait son fils illégitime, un réalisateur de documentaires suit le quotidien de Guy, artiste de variété française qui a connu son heure de gloire entre les années 60 et 70.
Guy, second film d’Alex Lutz, slalome entre le piquet de l’humour fou et celui du mamour dingue. Mais quand il cesse (assez vite) de tortiller autour de ces deux pôles, il fonce tout schuss, hors piste et rien ne peut plus l’arrêter jusqu’à sa ligne d’arrivée. Guy est le prénom aujourd’hui désuet d’un chanteur populaire passé de mode et vieillissant. Au physique, Guy Jamet est un mélange optique de Joe Dassin, Herbert Léonard et surtout, la faute à sa blondeur peroxydée, de Patriiiiiiiick Juvet. A l’oral, Guy Jamet, c’est plutôt le franc-parler de Gainsbourg squatté par la gouaille de Line Renaud. Sur ce fond de «patrimoine», Alex Lutz traque un film qui contrarie la nostalgie hideuse sans sombrer dans un ricanement encore plus glauque. Guy est un film travesti : sous la flamboyance hilarante, la solitude du mélancolique de fond. Axel Lutz sait de quoi il parle quand il filme, lui qui fit les beaux soirs du Petit Journal dans la peau sur maquillée et over perruquée de la secrétaire Catherine. Mais son récit devient réellement attachant jusqu’à piquer les yeux quand il sort les lance-flammes. Guy n’est ni une évocation lacrymogène ni une reconstitution d’antiquaire fo-folle.(…) Alors quoi qu’est-ce ? Alex Lutz pour qualifier son film parle de mockufiction et de mockumentaire. C’est-à-dire un genre impur où tout est plausible à force d’être fake. Guy sonne faux et juste à tout instant surtout quand il se déguise en reportage dans le backstage des salles de province ou lorsqu’il croque le portrait de l’attachée de presse nounou «depuis plus de trente ans» (Nicole Calfan, démente !). Tout aussi saisissant de réalisme inventé, une fan collante, citation physique de Marine Le Pen qui, du même geste, tartine Guy de son admiration tout en pestant contre une chanteuse pas de chez nous. L’incertitude est telle que lorsque surgissent le vrai Julien Clerc et l’authentique Dani, on dirait des sosies. Quant à Alex Lutz qui réalise mais joue aussi le rôle-titre, son masque de vieillesse libertaire («Qu’est–ce que vous foutez, les jeunes !») est sans conteste le trouble le plus réjouissant du film. Gérard Lefort / Grazia

Merc 29 août : 16h45/20h45
Jeu 30 : 20h15
Ven 31 : 20h30
Sam 1er sept : 16h00/18h00/20h15
Dim 2 : 16h15/18h15
Lun 3 : 14h15/16h15/18h15/20h30
Mar 4 : 18h15/20h15