Milla 2

Milla
De Valérie Massadian.
France/Portugal. 2018. Couleur. 2h08.
Avec Séverine Jonckeere, Luc Chessel, Ethan Jonckeere, Valérie Massadian

Milla 17 ans, et Leo à peine plus, trouvent refuge dans une petite ville au bord de la Manche. L’amour à vivre, la vie à inventer. La vie à tenir, coûte que coûte et malgré tout.
Milla est un petit miracle. Il n’y a pas dans ce film un seul plan qui paraisse insensé, bancal, inutile, improvisé. Le film dégage cette impression rare d’avoir été pensé du début à la fin, que son auteur y a mis tout son cœur, son énergie. Et qu’en même temps, ce contrôle de la mise en scène n’étouffe rien de la vie. Que ce que l’on voit aurait pu être totalement différent, se dérouler autrement. Sans doute aussi parce que son interprète principale, Sandrine Jonckeere, qui est vraiment géniale, y joue ce qu’elle a vécu dans sa propre vie : la mort du père de son enfant, la précarité économique. On trouve quelques maladresses, dans le film, des scories (ces petites incartades kaurismakiennes – même si l’on peut trouver pire, comme référence…), mais ce ne sont que péchés véniels (c’est seulement le deuxième long-métrage de Massasian après le remarqué Nana) par rapport à la réussite formelle du film, son sens du récit (les ellipses, trois blocs), et la sobriété de sa direction d’acteur. Entre Bresson et Pialat. Milla, c’est tout un dispositif artistique mis au service d’une jeune femme que personne ne connaît, qui n’est « rien » selon les valeurs macroniennes, et dont Valérie Massadian livre un sublime portrait, qui nous dit combien Milla est tout.
Les Inrockuptibles

Merc 30 mai : 20h30
Ven 1er juin : 18h30
Dim 3 : 14h15