Demons in paradise

Demons in paradise
De Jude Ratnam.
France, Sri Lanka. 2017. Couleur. VO. 1h34. Documentaire

Sri Lanka, 1983, Jude Ratnam a cinq ans. Il fuit à bord d’un train rouge les massacres perpétrés contre les Tamouls par une partie de la population cinghalaise, avec la complicité des autorités.
Aujourd’hui, réalisateur, Jude parcourt à nouveau son pays du sud au nord. Face à lui défilent les traces de la violence de 26 ans d’une guerre qui a fait basculer le combat pour la liberté de la minorité tamoule dans un terrorisme autodestructeur. En convoquant les souvenirs enfouis de ses compatriotes ayant appartenu pour la plupart à des groupes militants, dont les Tigres Tamouls, il propose de surmonter la colère et ouvre la voie à une possible réconciliation.
Demons in Paradise est l’aboutissement de 10 ans de travail. C’est le premier film documentaire d’un cinéaste tamoul qui ose raconter le conflit sri lankais de l’intérieur.
Accompagnant son oncle, ancien combattant opposé aux Tigres Tamouls, Jude Ratnam recueille de nombreux témoignages et propose un travail de mémoire qui se construit au fur et à mesure que le film avance. À l’image d’un réseau ferré, Demons in paradise quadrille le Sri Lanka de Colombo au nord de l’île et propose une sorte de maillage mémoriel qui, par la libération de la parole et la mise en perspective de la complexité des conflits internes à la communauté tamoule, permet de relier passé et présent dans un même flux narratif. Jamais submergé par l’ampleur et l’ambition de son projet, Jude Ratnam filme avant tout des femmes et des hommes qui se retrouvent et évoquent ensemble les souvenirs souvent douloureux qu’ils ont besoin de partager. Sans rien brusquer, cadrant le moment des retrouvailles avec la même bienveillance que les échanges plus intimes, il se pose en observateur impliqué. (…) Au-delà de la valeur des interventions et du caractère unique de ce premier film évoquant la guerre civile sri lankaise, Demons in paradise rappelle combien le cinéma peut encore provoquer le dialogue et redonner aux images un pouvoir humaniste et fraternel. Culturopoing

Sam 14 avril : 18h45
Dim 15 : 19h00

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