Frost

Frost
De Sharunas Bartas.
France, Lituanie, Pologne. 2017. Couleur. VO. 2h.
Mantas Janciauskas, Lyja Maknaviciute, Andrzej Chyra, Vanessa Paradis, Weronika Rosati


Rokas et Inga, un couple de jeunes lituaniens, conduisent un van d’aide humanitaire depuis Villnius jusqu’en Ukraine. Au fur et à mesure de leur voyage au gré des rencontres, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes, traversant les vastes terres enneigées de la région de Donbass, à la dérive entre des vies déchirées et les débris de combats.

Bartas, Lituanien de 52 ans, pour le dire en langage Game of Thrones, est le « marcheur blanc » du cinéma mondial. Venu de l’autre côté du froid, il est le prince de la mélancolie fatale, du plan qui cristallise, des sentiments qui expirent, du monde qui s’efface. Bientôt trente ans que cette œuvre confidentielle, d’une admirable beauté formelle et d’une douleur sans fond, fait vivre cette couleur rare, ce blanc tremblant de la ténuité des choses et des êtres, sous le grand chapiteau du cinéma mondial.(…) Frost serait à ce titre une sorte de Voyage en Italie (Rossellini) septentrional et postmoderne, au cours duquel un couple d’amoureux se perd dans les nuits alcoolisées et les steppes enneigées, avant de mesurer, devant le danger réel de la guerre enfin atteinte, enfin étreinte, à quel point l’imminence de la mort rend précieux l’amour et la vie. Ce long voyage est d’ailleurs traversé de moments magnifiques. Le surréalisme de cet hôtel luxueux où se retrouvent une délégation d’humanitaires, les discours dont ils s’abreuvent, l’épreuve de l’infidélité qui s’y joue, avec une Vanessa Paradis absolument admirable dans le rôle d’une femme qui confie, au creux de la nuit, son désarroi amoureux au jeune Rokas. Plus loin, ces plans de neige et de désolation qui disent l’ultime et atroce vérité de la guerre, qui consiste simplement à tuer ou à être tué. Tout meurtri qu’il soit, l’humanisme de Bartas est là. Le Monde

Ven 13 avril : 18h00
Dim 15 : 14h30
Lun 16 : 16h00/20h15
Mar 17 : 20h15

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