Week-End d’analyse filmique : Ingmar Bergman

Week-End d’analyse filmique : Ingmar Bergman

Week-end d’analyse filmique animé par Alain Bergala, (critique aux Cahiers du cinéma, enseignant à La Fémis, théoricien)

Bergman n’est pas seulement un réalisateur de grands films. Il n’a cessé pendant plus de 50 ans d’ouvrir le cinéma à ses possibilités les plus extrêmes, de l’intimisme cruel de ses « films de chambre » à la fresque familiale et autobiographique de Fanny et Alexandre, en passant par Monika, film fondateur de la modernité la plus féconde. Revoir ses films aujourd’hui c’est mesurer la puissance de création de cet homme qui ne cesse de partir de l’auto-analyse pour faire une œuvre universelle, qui nous concerne tous. Toutes les tensions extrêmes qui traversent ses films s’originent dans une enfance contrainte et répressive dont il dit qu’elle a toujours été son «fournisseur privilégié». Alain Bergala

Infos Pratiques :
Tarif stagiaires pour le week-end, les 4 films inclus : 36 €
Inscription avant le 21 mars par mail : anne.huet@est-ensemble.fr
Chaque film est accessible au public, aux tarifs habituels

Samedi 24 mars
13h30 Accueil stagiaires
14h : Les fraises sauvages + présentation
16h30 à 18h : temps de travail d’analyse
20h : Fanny et Alexandre + présentation

Dimanche 25 mars
11h45/13h : deuxième temps de travail
14h30 : Monika + présentation
17h45 : Persona + présentation, débat et conclusion du stage

Les Fraises sauvages
Ingmar Bergman.
Suède. 1957. Noir &Blanc.1h32.V0
Avec Victor Sjöstrom, Bibi Andersson

Le docteur Isak Borg part à Lund pour assister à une cérémonie de jubilé en son honneur. Au cours de ce voyage, dans sa propre limousine et accompagné de sa bru, il fait le point sur sa vie et finalement se réconcilie avec lui-même.
Encore au début d’une carrière déjà très riche, Bergman réalise un film centré sur le temps et sa fuite inexorable au travers du personnage du vieil Isak Borg – incarné par son maître Victor Sjöström. Il signe là un film d’une inépuisable richesse et l’un de ses plus grands chefs d’œuvres.

Fanny et Alexandre
Ingmar Bergman.
Suède. 1983. Couleur. 3h08.V0
Avec Pernilla Allwin, Bertil Guve, Pernilla August.

L’histoire se déroule dans la Suède du début du XXe siècle. Le film dépeint la vie d’un jeune garçon, Alexandre, et de sa soeur Fanny au sein d’une famille aisée, les Ekdahl. Les parents de Fanny et Alexandre travaillent dans le théâtre et sont très heureux ensemble jusqu’à la mort subite du père. Peu après ce drame, la mère trouve un prétendant, un évêque luthérien, et accepte sa proposition de mariage. Elle déménage chez lui avec les enfants ; c’est un endroit où règne une atmosphère sévère et ascétique. Les enfants sont soumis à son autorité stricte et impitoyable. C’est à travers le regard de deux enfants, l’évocation de toutes les étapes de la vie d’une femme au début du 20ème siècle. Fanny et Alexandre débute par une grande fête où se retrouvent autour d’une généreuse tablée tous les membres de la grande famille Ekdahl….
Il est difficile de synthétiser en quelques lignes une œuvre aussi foisonnante, d’une richesse narrative et thématique exceptionnelle. Il s’agit moins d’un « testament » bergmanien, comme on l’a dit à l’époque, que d’un film-somme, où le cinéaste rassemble quelques-unes de ses interrogations majeures : l’angoisse de la mort, la peur du père, le mystère de la femme et du couple, le silence de Dieu… Il en fait le sous-texte d’un ample récit romanesque. Le film est aussi visuellement somptueux, magnifiquement interprété.Aurélien Ferenczi/Télérama
Sam 24 mars : 20h00

 

Monika
Ingmar Bergman.
Suède. 1953. 1h35. Noir & Blanc.V0
Avec Naemi Briese, Harriet Andersson, Lars Ekborg.


Monika, jeune fille éprise de liberté, et Harry, jeune livreur, fuient leur famille et partent vivre sur une île.

Ce film marque un tournant dans l’histoire du cinéma. Un sommet de légèreté et une révélation, celle d’un langage cinématographique assoiffé d’éblouissements, ivre de liberté narrative et formelle. A l’apogée de sa carrière de metteur en scène de théâtre, Bergman profite des brefs étés suédois pour fixer au grand air la magie de l’instant. Monika marque la souveraineté d’un art contre toute morale. Morale puritaine, d’abord. La légèreté des mœurs et des tenues de Monika condamne le film à un classement pornographique. Cette ouvrière fugueuse, infidèle, nue en plein soleil, cette Monika qui fume comme un pompier dès le réveil, mâche du chewing-gum et se laisse peloter en minaudant, exalte un modèle d’insoumise cher au cinéma de la Nouvelle Vague. Les Inrockuptibles.

Dim 25 mars : 14h30

 

Persona
D’ Ingmar Bergman.
Suède. 1967. 1h24. Noir & Blanc. V0
Avec Gunnar Björnstrand, Margaretha Krook, Bibi Andersson

Les relations d’une actrice soudain frappée de mutisme et de son infirmière bavarde. Un processus d’osmose des personnalités va contribuer à la guérison de la comédienne, mais renforcera peut-être la solitude de l’infirmière.

Viscéral, impulsif, ce film est plein d’allusions à la thérapie jungienne. A commencer par le titre, Persona, et le prénom de la garde-malade, Alma. Pour le psychanalyste Carl Jung, la souffrance humaine vient du conflit entre le persona (le masque social) et l’alma (le subconscient)… Bergman adapte cette théorie aux années 1960, et la pousse à son paroxysme : le malheur des hommes viendrait en fait de l’absence de frontière entre le visible et l’invisible. Le cinéma ne peut pas combattre la folie du monde. Mais celle de l’artiste, oui. Seule lueur d’espoir de Persona : la création peut être salvatrice.
Avec l’aide de ses deux comédiennes, stupéfiantes, Bergman avoue avoir fait acte de survie. « J’ai dit un jour que Persona m’avait sauvé. Ce n’était pas une exagération. Si je n’avais pas trouvé la force de faire ce film-là, j’aurais sans doute été un homme fini. ». Télérama

Dim 25 mars : 17h45