L’Usine de rien

L’Usine de rien
Un film de João Matos,
Leonor Noivo, Luísa Homem, Pedro Pinho, Tiago Hespanha.
Réalisé par Pedro Pinho. Portugal. 2017. Couleur. 2h57. VO.
Avec José Smith Vargas, Carla Galvão, Njamy Uolo Sebastião, Joachim Bichana Martins, Daniele Incalcaterra, Hermínio Amaro, Antonio Santos, Rui Ruivo
Festival de Cannes 2017 – La Quinzaine des réalisateurs – Prix FIPRESCI sélections parallèles


Une nuit, des travailleurs surprennent la direction en train de vider leur usine de ses machines. Pour empêcher la délocalisation de la production, ils décident d’occuper les lieux. À leur grande surprise, la direction se volatilise laissant au collectif toute la place pour imaginer de nouvelles façons de travailler dans un système où la crise est devenue le modèle de gouvernement dominant.
À l’instar des protagonistes, ce film hybride fascinant est en mutation permanente. Il repousse sans cesse les frontières de la fiction et du réel. Chronique sociale, comédie musicale, romance avec des ingrédients de thriller et essai documentaire, l’Usine de rien déstructure le récit. D’une audace déconcertante, il intègre en voix off, puis sur un mode audiovisuel, des débats sur l’ambivalence de l’autogestion ou la nécessité d’élaborer des formes alternatives de production. Il mêle l’observation à la complexité de la mise en place concrète d’une lutte. Un personnage de sociologue s’invite sur les lieux du conflit. Il devient l’observateur et le déclencheur de l’action politique et syndicale. Comme ses protagonistes, le film cherche continuellement sa forme adéquate. Certes, l’œuvre s’égare ponctuellement au cours de ses trois heures. Mais ses failles et ses folles tentatives d’imaginer des écritures inédites lui permettent de trouver une énergie salutaire. Cette Usine de rien touche parce qu’elle renvoie à la complexité d’une Europe confrontée à la mondialisation. Elle parle portugais, français, anglais, parsème la réflexion d’une rage et d’une révolte libératrices. Si la bande musicale emprunte volontiers aux répertoires punk et métal, ce long métrage collectif, cosigné par João Matos, Leonor Noivo, Luísa Homem, Tiago Hespanha et Pedro Pinho, également crédité à la réalisation, est un film free jazz. Il se nourrit d’une mélodie où s’immiscent dissonances et improvisations, portée par des voix de résistance nécessaires, exhortant à repenser le monde. L’Humanité

Jeu 11 janvier : 20h00
Ven 12 : 20h00
Sam 13 : 17h30
Dim 14 : 17h45