Jeudi 13 décembre à 20h15 : Écran Libre # 3 : Alain Bergala / Dominique Païni / Jean-Daniel Pollet : En présence d’Alain Bergala et de Dominique Païni

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Date/heure
Date(s) - 13/12/2018
20 h 15 min

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Jeudi 13 décembre à 20h15 : Écran Libre # 3 : Alain Bergala / Dominique Païni / Jean-Daniel Pollet
En présence d’Alain Bergala et de Dominique Païni
Tarif unique : 3,5€

Proposées par l’Association Côté court, les séances Écran Libre sont dédiées à la création contemporaine. Autour du documentaire de création, de films-essais, de vidéos d’artistes, d’œuvres audiovisuelles, d’expérimentations cinématographiques, de films militants ou amateurs, Écran Libre est un rendez-vous mensuel avec les œuvres et leurs auteurs qui tente de mettre en lumière et en perspectives de nouvelles écritures, pour mettre au cœur de la salle les expériences de cinéma qui feront naître les formes de demain.

Méditerranée
De Jean-Daniel Pollet.
France. 1963. Couleurs. 44mn
Texte, Philippe Sollers. Musique, Antoine Duhamel

Jean Daniel Pollet filme la Méditerranée : Les temples grecs en ruine, les pyramides d’Égypte, un palais Sicilien, mais aussi un bunker de la seconde guerre mondiale, une orange dans un verger, une femme qui se peigne, une autre qui boutonne sa tunique, un laminoir d’où sort un pain de métal rougeoyant et une jeune fille endormie avant une opération chirurgicale: 15 pays, 35 000 kilomètres, un film mythique aux origines de notre civilisation et du cinéma.

« Que savons-nous de la Grèce aujourd’hui… Que savons-nous de nous-mêmes, hormis que nous sommes nés là il y a des milliers d’années… Que savons-nous donc de cette minute superbe où quelques hommes se sont sentis solidaires de lui, solidaires de la lumière non pas envoyée par les dieux mais réfléchie par eux, solidaires du soleil, solidaires de la mer… De cet instant à la fois décisif et naturel, le film de Jean-Daniel Pollet nous livre sinon le trousseau complet, du moins les clés les plus importantes… Les plus fragiles aussi… Dans cette banale série d’images en 16 sur lesquelles souffle l’extraordinaire esprit du 70, à nous maintenant de savoir trouver l’espace que seul le cinéma sait transformer en temps perdu… Ou plutôt le contraire… Car voici des plans lisses et ronds abandonnés sur l’écran comme un galet sur le rivage… Puis, comme une vague, chaque colure vient y imprimer et effacer le mot souvenir, le mot bonheur, le mot femme, le mot ciel… La mort aussi puisque Pollet, plus courageux qu’Orphée, s’est retourné plusieurs fois sur cet Angel Face dans l’hôpital de je ne sais quel Damas… » Jean-Luc Godard, Cahiers du cinéma (fév. 1967)

Picasso parle à Godard
Alain Bergala.
France. 2018. Couleurs. 13mn

Voix, Ignacio Gomez

Film réalisé dans le cadre de « Godard-Picasso, collage(s) ». Dominique Païni, commissaire de cette exposition proposée à Arles dans les à-côtés des Rencontres de la photographie, a accepté de nous en présenter les enjeux.

« Et si Picasso, parlant de son geste créateur, nous parlait intimement de celui de Godard… Au foyer de la création, le peintre et le cinéaste sont d’une troublante proximité. Les mots de l’un nous éclairent lumineusement sur l’autre. » « D’une certaine façon, suggère Dominique Païni, Godard et Picasso ont voulu être les derniers de leur art. Comme Picasso dit la fin de la peinture, la Nouvelle Vague exprime celle du cinéma. La finalité de l’art n’est peut-être rien d’autre que de dire sa fin, une fin, dans laquelle nous nous trouvons et qui peut durer indéfiniment. »