«Marguerite
Duras, en effet»
Trois lieux,
trois dates consacrés à l’écrivain
et les médias

Le Frac Lorraine, bétonsalon
centre d’art et de recherche, le Ciné104 et l’Ina
présentent une manifestation originale sur la place et
le rôle de l’écrivain Marguerite Duras dans
les médias. A travers la projection de films, d’émissions
de télévision et d’écoutes de pièces
sonores proposées par l’Ina, artistes, écrivains,
cinéastes, critiques et universitaires, traceront, à
Metz, Paris et Pantin, des perspectives dans l’œuvre
cinématographique, radiophonique et télévisuelle
de Marguerite Duras. Les archives proposées ici font revivre
non seulement des œuvres et créations mais aussi la
femme libre qui par sa maîtrise des médias en modifiera
les codes en profondeur.
«Je crois qu’on
a les mêmes raisons de faire du cinéma et d’en
voir. J’ai des amis intimes qui ne vont pas voir mon cinéma,
ils vont voir le cinéma des autres. Ils lisent tous mes
livres mais ils ne vont pas voir tous mes films. Les raisons de
faire du cinéma pour moi ils ne les aperçoivent
pas, ils disent que ce n’est pas la peine. Moi aussi, à
chaque film que je fais je trouve aussi que ce n’est pas
la peine. Mais on peut aussi faire des films que ce n’est
pas la peine de faire.» Marguerite
Duras
L’Homme
Atlantique
de Marguerite Duras.
France. 1981. Couleur. 0h42. Avec Yann Andréa et la voix
de Marguerite Duras
«Je l’ai pris et je l’ai mis dans le temps gris,
près de la mer, je l’ai perdu, je l’ai abandonné
dans l’étendue du film atlantique. Et puis je lui
ai dit de regarder, et puis d’oublier, et puis d’avancer,
et puis d’oublier encore davantage, et l’oiseau sous
le vent, et la mer dans les vitres et les vitres dans les murs.
Pendant tout un moment il ne savait pas, il ne savait plus, il
ne savait plus marcher, il ne savait plus regarder. Alors je l’ai
supplié d’oublier encore et encore davantage, je
lui ai dit que c’était possible, qu’il pouvait
y arriver. Il y est arrivé. Il a avancé. Il a regardé
la mer, le chien perdu, l’oiseau sous le vent, les vitres,
les murs. Et puis il est sorti du champ atlantique. La pellicule
s’est vidée. Elle est devenue noire. Et puis il a
été sept heures du soir le 14 juin 1981. Je me suis
dit avoir aimé.»Marguerite
Duras
Suivi de L’Homme
Atlantique
de Marylène Negro. France.
2008. Couleur. Silencieux. 0h33.
L’Homme Atlantique pénètre l’ancien
Hôtel Des Roches noires que l’âme de Marguerite
Duras habite toujours, dans le silence de sa voix.
Séance
en présence de Marylène Negro Vendredi 12 Février
à 20h15
«Marguerite
Duras, en effet»
India Song
de Marguerite Duras. France. 1974. Couleur.
2h00. Aec Delphine Seyrig, Michaël Lonsdale, Matthieu Carrière,
Claude Mann
Musique de Carlos d’Alessio
C’est en 1973 que Marguerite Duras publie India Song, défini
par la mention “texte, théâtre, film”.
L’oeuvre convoque des personnages et des atmosphères
déjà présents dans des textes antérieurs,
et notamment Le Ravissement de Lol V. Stein et Le Vice-Consul.
Un an plus tard, cette “histoire d’amour immobilisée
dans la culminance de la passion” prend la forme d’un
film ; Delphine Seyrig et Michael Lonsdale prêtent leurs
traits et leurs voix aux deux protagonistes, la femme de l’ambassadeur
et le vice-consul, réunis le temps d’une soirée
à l’ambassade de France à Calcutta.

Dimanche 14 Février
à 14h15 , séance en présence de Françoise
Lebrun et Michaël Lonsdale (sous réserve)
Son
nom de Venise dans Calcutta désert
de Marguerite Duras.
France. 1976. Couleur. 2h00. Avec Delphine Seyrig, Nicole Hiss,
Sylvie Nuytten
«L’histoire racontée dans India Song l’était
à partir de personnages et de lieux imaginés, superposés,
mais qui fonctionnaient, s’articulaient entre eux. L’Ambassade
de France paraissait invraisemblable mais elle était reconnaissable
et des gens en sortaient en particulier : Anne-Marie Stretter,
Michael Richardson. Ici l’histoire est racontée à
partir des lieux vidés par la mort. Le son est rigoureusement
le même. La bande son du titre de Son Nom de Venise dans
Calcutta désert est celle d’India Song, seule l’image
change ; mais elle change du tout au tout, non seulement de nature
mais de sens.» M D
Dimanche 14 Février à
18h15
****************************************************************************************************
Kino
Klub : Le Camion
Le Kino Klub est un cycle de projection qui donne
lieu à un moment de rencontre autour d’une programmation.
Nous essayons de créer des échanges, pour que la
vision du film ne reste pas un moment de réception passive
et devienne le terreau d’un partage entre personnes aux
paroles différentes. Ce mois ci nous vous proposons une
mise en regard entre un court métrage de l’atelier
cinéma Plusieurs fois la Commune et le film de Marguerite
Duras, Le Camion.
Le Camion
De Marguerite Duras. France. 1977. Couleur.
1h18. Avec Marguerite Duras, Gérard Depardieu.
Dans un salon, Marguerite Duras écrit un scénario
pour Gérard Depardieu qui l’écoute, l’interrompt
parfois. Récit au conditionnel d’un récit
en train de se faire.
« Ce serait l’histoire d’une femme : elle aurait
fait de l’auto-stop, un routier l’aurait prise à
son bord, elle aurait beaucoup parlé, le routier fort peu...
»
Marguerite Duras

Lundi 15 Février
à 20h00
Séance suivie d’un pot convivial